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Test : faire de la photo avec le Drone DJI Mavic Air


Faire de la photo avec le

Drone DJI Mavic Air


Intro

DJI est aujourd'hui le leader indiscutable du marché des drones de loisirs. La gamme Mavic est devenue célèbre par le Mavic Pro et son design qui a définitivement installé le concept de drone pliable. Il y a quelques temps, ce drone référence s'est vu secondé par une version plus légère et moins chère, le Mavic Air. Il est encore plus transportable et se place dans la même lignée que le Mavic Pro en ce qui concerne la partie prise d'image. Après avoir testé le petit frère de la marque, le DJI Spark ( test à lire ici ), penchons nous maintenant sur le baroudeur Mavic Air. Nous ne manquerons pas non plus de faire référence à son principal concurrent sur le marché, le Parrot Anafi ( test à lire ici ), même si je rédigerai bientôt un article uniquement axé sur un comparatif entre ces deux drones

Les caractéristiques techniques

Je ne ferai pas la liste des caractéristiques ici, je vous renvoie directement sur le site de DJI pour les trouver :

 

https://www.dji.com/fr/mavic-air/info#specs

 

La conception :  430g au décollage, nous sommes en présence d'un drone léger. Ne dépassant pas les 800g, il n'y aura pas besoin d’obtenir l’attestation de suivi de formation. Le Mavic possède un dispositif de pliage qui parait très robuste et qui inspire confiance. Les hélices ne sont pas pliables et restent sur le bord du drone. Déplié le drone est plus grand que le Spark mais plus petit que l'Anafi. En tout cas, il respire la qualité de fabrication et on peut facilement le mettre dans sa poche de blouson sans protection extérieure... (en plaçant bien la protection du gimbal). Çà c'est une sacré différence avec l'Anafi...

 

 

Le retour au point de départ :  Le Mavic Air est doté d'un positionnement GPS très précis, le retour au point de départ (RTH) ramène le drone généralement à moins d'un mètre de son point de départ. La présence de détecteurs d'obstacle permet, à priori de faire confiance au système RTH, le drone étant, d'après DJI, capable de contourner les obstacles de manière soi disant intelligente pour poursuivre son retour. Toutefois, on fera attention, car des obstacles comme des fils électriques ou de petites branches ne sont pas forcément détectables dans toutes les conditions.

 

Le décollage et atterrissage :  On peut décoller du sol, mais aussi de la paume de sa main. Le retour aussi peut se faire dans la main ou au sol. Le décollage s'active par une fonction sur l'application avec un glissement de doigt. Notons que l'acquisition des signaux GPS est très rapide (bien plus que pour l'Anafi), mais que très régulièrement, avant le décollage, il faut refaire une calibration. A l'usage, moi qui aime bien atterrir en pilotant en manuel, les détecteurs d'obstacle me détectent et bloquent les mouvements du drone quand je suis trop près de la zone d'atterrissage. Pour le reste, l'atterrissage est relativement simple et sécurisant.

 

En vol :  le Mavic est stable et simple à piloter. On passe aisément du mode film au mode sport par l'intermédiaire d'un bouton sur la télécommande.  Officiellement il peut filer à 68km/h ! C'est pas mal. Le fait est qu'en mettant les paramètres à fond, cela va plutôt vite. Toutefois, il n'est pas super réactif et m'a sérieusement déçu en terme de sensations de pilotage. Il y a de l'inertie. Quand on avance à fond et que l'on veut s'arrêter, on a beau mettre les gaz à fond vers l'arrière, il lui faut un certain temps pour réagir. Je pense que c'est principalement lié à sa petite taille déplié. Les hélices sont grandes et pour inverser l'angle du drone de manière efficace il faut du temps. De fait, on a l'impression d'un drone plutôt lent, très loin de ce que l'on peut attendre en lisant les caractéristiques. Mais c'est bien une sensation, quand il est lancé, il va vite ! Il faudra juste beaucoup anticiper, et là les détecteurs d'obstacle ne pourront pas suffire dans toutes les situations (en mode sport ils sont désactivés).

 

Détecteurs d'obstacles : Justement, parlons de ces détecteurs d'obstacles. Ils sont nombreux et cela rassure forcément le débutant ou le baroudeur. Il y a des détecteurs avant, arrière et inférieur. Attention, pas de détecteur latéral, et n'oublions pas qu'un drone peut aussi voler en transversal. Il faut aussi se pencher sérieusement sur les caractéristiques pour comprendre que les détecteurs ont une limite de fonctionnement à 8m/s, ce qui correspond à moins de 30 Km/h ! De fait, en mode sport, les détecteurs ne seront pas actifs. Il ne faut donc pas penser que ces détecteurs sont une garantie anti-collision. Ils aident à éviter certains risques, mais ils peuvent aussi nourrir un faux sentiment de sécurité... A mon avis, c'est le genre de drone où j'évite de me dire, c'est pas grave, il y a les détecteurs... On a si vite fait de ne plus penser au mode dans lequel on est réglé, surtout quand l'on fait une majorité de photos et où les déplacement slents et fluides n'ont que peu d'intérêt. Bref, Je fais comme si il n'y en avait pas !

 

Le bruit : Il est plutôt bruyant ce petit drone... La taille des hélices est certainement une des raisons de ce point. Quand on ne connait que lui, on s'y fait et on trouve cela logique, mais quand on a volé sur l'Anafi, on le trouve tout de même très bruyant. Ceci étant, dès qu'il s'éloigne un peu le bruit s'estompe. Par contre, pour la discrétion, ce n'est pas gagné !

 

Rayon d'action : Avec la télécommande, DJI donne une valeur de 4km en mode FCC et 2Km en France en respectant les normes CE. Dans la pratique, devant garder le drone à vue, je n'ai pas dépassé les 500m et je n'ai eu aucun soucis de signal. Avec téléphone seulement, la portée est réduite à 80m et 50m d'altitude (Ce n'est pas beaucoup !).

 

Autonomie : Annoncé pour 21 minutes par DJI, je peux vous dire que l'on en est très loin ! En vol stationnaire, il n'a tenu que 18 minutes et à 30% de reste de batterie, il commence déjà à biper de manière très insistante et qu'il a fini par se poser tout seul, la batterie étant à 13%. En vol avec film et mode sport, l'autonomie descend à 15 minutes... Là on est très loin des 21 minutes de l'Anafi (testé dans les mêmes conditions)... Si vous comptez l'alarme à 30%, dites vous qu'après 11 ou 12 minutes, l'application vous dira qu'il faut rentrer... Là encore, c'est très sécurisant, mais en suivant les recommandations, on vole largement moins d'un quart d'heure par batterie !

 

La caméra : La caméra du Mavic Air possède une résolution de 12 MPixels avec un capteur CMOS 1.2/3". Cette résolution est classique pour une caméra 4K. C'est aussi du classique pour DJI. Les Spark et Mavic Pro en sont équipés aussi. Seul le tout récent Mavic II Pro possède un capteur mieux défini. Le concurrent de chez Parrot possède un capteur de 21Mp. Bien entendu, si en vidéo, ces 12Mp sont largement suffisants, aujourd'hui, en photo, 12Mp n'est pas une définition très grande... Pour autant, on fera aisément des tirages A3 à partir de ces fichiers. Qui a réellement besoin de plus ? En fait le soucis, c'est qu'il ne sera pas aisé de recadrer les photos en post-traitement. Pire encore, le fait de vouloir découper une photo pour en extraire une prise de vue en mode portrait ramènera l'image à 6Mp ce qui est un peu juste pour une impression A3 (je me donne une limite basse de 8Mp pour cela).

 

Le Gimbal : C'est un Gimbal 3 axes (inclinaison, roulis, pano). Il est fort efficace et parait bien plus solide que ceux du Spark ou de l'Anafi. A noter qu'une protection fort bien conçue est livrée avec, pour le transport. Pour le tilt de la caméra, on ira de -100° à 22°. Le +22° n'est pas dans les réglages par défaut et il faudra choisir le mode étendu pour y avoir accès. En position extrême, vers le haut, on peut apercevoir fréquemment les hélices dans le champ, mais le fait de pouvoir orienter la caméra au dessus de la ligne d'horizon sera parfois très appréciable, même si on est loin du débattement total de l'Anafi (de -90° à +90°)

 

La mémoire : Une nouveauté sur un drone de cette catégorie, il possède de la mémoire en interne. 8Go, ce n'est pas très grand comme espace, mais cela permet tout de même de compenser un oubli ou une erreur de carte SD...

 

Le mode selfie : Comme pour le Spark, DJI a implanté dans le Mavic Air des fonctions selfie. Le concept est simple et efficace. Le drone reconnait les gestes du pilote qui peut alors contrôler le drone avec quelques gestes simples. On peut ainsi le faire décoller de sa main, lui indiquer de s'éloigner, de s'élever et bien entendu de prendre une photo puis de revenir se poser dans votre main. J'avoue que je n'ai pas testé ce genre de fonction, ce n'est pas ce que je recherche dans un drone, mais cela peut effectivement être utile dans certaines conditions.

 

 

Ce qui est livré avec : Une télécommande, un jeu d'hélices de rechange, un jeu de sticks de rechange, trois câbles USB OTG pour assurer la liaison entre télécommande et smartphone), une batterie et un chargeur externe. Ce chargeur externe peut se brancher directement sur le drone ou sur la batterie par le biais d'un adaptateur fourni avec. Le tout est livré avec une petite sacoche de protection pour le drone. Il faudra en racheter une de plus pour la télécommande. On en trouve facilement à quelques euros sur le net.

 

On trouve pas mal d'accessoires plus ou moins douteux pour notre drone... Le seul qui soit réellement nécessaire est la housse pour la télécommande, ou une valise pour l'ensemble. Une base d'atterrissage sera également obligatoire. Ensuite restera le nécessité d'avoir plusieurs batteries. Leur prix est un peu élevé (79€) pour cette autonomie un peu limitée. Je signale aussi l'existence de cables supplémentaires permettant de brancher les batteries sur une power bank externe, pour permettre un rechargement en mode nomade.

 

La télécommande et/ou le téléphone

Faisons un peu le tour de la télécommande. Elle est noire et très compacte quand elle est repliée. Rien ne dépasse et l'on pourra aisément la mettre dans une poche sans autre protection. Les sticks sont ingénieusement rangés sous les supports téléphones. Par contre cela demande une petite manipulation pour les assembler la télécommande au moment de voler. De plus, ces petites pièces détachables sont aussi facilement égarables... Reste le support téléphone placé comme sur le Spark en dessous de la télécommande. On pourra voir ci dessous que le téléphone (ici un Moto Z2 Play) s'y insère plus ou moins bien avec sa coque de protection. Mais il tient en place et ne se décroche pas à l'utilisation, c'est bien là le principal. Le cable OTG passe élégamment sur le côté. pour autant, il n'est pas si facile à attraper et à insérer dans la prise du téléphone... La miniaturisation et la compacité ont leurs petits inconvénients...

 

Pour les boutons disponibles, on retrouve les deux sticks, un bouton On/Off, un bouton RTH (Retour To Home), le bouton de mode de vol (Normal ou Sport) plus 2 boutons de fonctions dont la fonction peut être personnalisée. Sur l'avant de la télécommande, on retrouve les boutons de déclenchement photo / Vidéo et la molette de contrôle de l'inclinaison de la caméra. J'apprécie beaucoup d'avoir un bouton pour la vidéo et un bouton pour la photo. La bascule se fait donc sans intervention auprès de l'application. Par contre, comme pour le Spark, je déteste cette molette d'inclinaison. Elle est horizontale pour gérer une inclinaison verticale et une fois sur deux, je me trompe de sens !!! Je regrette aussi de ne pas trouver un bouton de rappel de la caméra à l'horizontale. Pour la ramener, il faut donc attendre un certain temps qu'elle revienne en position 0°. On peut régler la vitesse de l'inclinaison, mais si elle est trop rapide, pendant les vidéos on aura un tilt générant des effets de flous...

 

 

L'application

L'application livrée avec le Mavic Air est DJI GO 4. C'est la même que pour toute la gamme DJI, dont le Spark déjà testé. Et bien autant le dire tout de suite, décidément, je ne m'y fait pas ! Tout y est, mais ce n'est pas ergonomique ! D'abord, pour la version Android, DJI ne prend même plus la peine de la proposer en Français. Il faudra donc faire avec la version anglaise. Ce n'est pas très gênant, et pourtant, le nom de certaines fonctions ne sont pas très parlantes !

 

Il y a d'abord une chose très améliorée par rapport au Spark, c'est le fait d'avoir une liaison OTG. Il n'y a pas besoin de faire l'appairage entre drone et télécommande et le temps de mise en route est fortement réduit. Par contre, il faut passer par un écran d'accueil qui vérifie la présence de mises à jour et qui très régulièrement vous impose quasiment le téléchargement d'une nouvelle version. Ce sont de gros fichiers et au moment de décoller devoir attendre dix minutes le téléchargement n'est pas forcément très apprécié ! Il y a tout de même un moyen d'y échapper pour repousser la mise à jour, mais ce n'est pas la première option que l'on voit !

 

Par contre, une fois que l'on est arrivé à l'écran de pilotage, le fix GPS est très rapide et le décollage ne prend alors que quelques secondes. Comme déjà signalé, c'est le manque de réactivité et de dynamisme de vol qui m'a le plus frappé. Bien entendu, on peut modifier les réglages de vol, mais je les ai cherché un peu... Il faut aller dans "exp" pour les trouver... Je n'ai toujours pas très bien compris cette abréviation qui pour moi voudrait plutôt dire Exposure en photo... Mais même en mettant tous les réglages à fond, le Mavic est un peu long à la détente. Le réglage des paramètres de caméra ne semble pas dépendre de la position sport ou normal... Du coup, si l'on adopte un réglage pour un rendu vidéo souple, pour prendre des photos, il faudra être patient pour choisir l'inclinaison de la caméra...

 

Autre point plus photo : notre application DJI Go 4 propose deux modes photo, l'automatique et le manuel. Quand vous basculez en manuel, tout devient manuel... On regrettera de ne pas avoir de mode semi automatique où l'on peut juste ajuster un paramètre en manuel et laisser les autres s'adapter à ce dernier. On trouvera tout de même une option permettant d'afficher des hachures blanches et noires sur les zones surexposées. C'est toujours un outil utile pour gérer les paramètres d'exposition.

 

Dans les points positifs de cette application, j'aime bien la barre permettant d'un seul regard de constater ce qu'il reste d'autonomie avec le temps bien clair qu'il reste avant d'entamer le retour. C'est très rassurant de savoir combien de batterie il faut garder pour revenir. Par contre, l'alarme sonore, récurrente, très pénible, en dessous de 30% de batterie, finit par stresser le pilote qui va finir par s'y habituer et ne plus en tenir compte. Je ne suis pas sûr que cela soit la meilleure option. Je n'ai pas vu de réglage permettant de définir ce pourcentage d'alerte. Lors de mes tests, donc l'application a fait atterrir le drone à 13% de batterie de reste. Quand on a si peu d'autonomie, on aurait bien aimé pouvoir exploiter la batterie jusqu'au bout...

 

Le dernier point positif que je souhaite aborder, ce sont les indicateurs d'obstacle qui sont bien faits. On voit bien et on a une idée de la distance. On n'en demande pas plus à ce type d'option.

 

 

Mon avis sur la qualité optique

On va maintenant se pencher un peu plus en détail sur la qualité optique. Je rappelle à ce moment du test que je ne me penche que sur la qualité des photographies prises par ce drone. Sa qualité en vidéo ne sera pas abordée ici. Vous trouverez bon nombre de tests sur ce point (beaucoup moins pour la photographie...) sur le net.

 

D'abord voici en première ligne, l'image de base délivrée en JPG par le Mavic Air. La première chose qui me frappe c'est le piqué d'image assez impressionnant. Non seulement elle est très nette, mais elle est aussi très homogène avec un piqué sur le bord de l'image tout aussi impressionnant. Ensuite en détaillant un peu plus le rendu, on s'aperçoit qu'il y a du bruit dans le ciel. Il n'est pas énorme mais bel et bien présent. C'est pourquoi j'ai fait le test de repasser cette image par les filtres antibruit de DXO (deuxième ligne). Cette fois-ci, le bruit est devenu imperceptible.

 

 

DJI propose d'enregistrer aussi les images au format RAW. C'est toujours une bonne idée de pouvoir faire son traitement d'image soi-même. Le premier soucis, c'est que comme pour l' Anafi, DXO Photolab ne prend pas en charge ces fichiers ! Il me faut donc utiliser Affinity. Il est moins puissants dans ses réglages de développement et ses assistants, mais l'on peut tout de même définir des réglages permettant d'exploiter ces fichiers RAW.

 

Pour la première série, on va laisser faire Affinity avec les paramètres tous réglés sur le paramétrage initial, sans aucun autre traitement. C'est certainement là que l'on est le plus proche de la qualité réelle optique de notre caméra... Le résultat est un peu mou, un peu bruité et manque un peu de relief. Une image très neutre.

 

Pour la seconde série, on a agi sur l'onglet "détail" du dématriçage d'Affinity. Je ne me suis pas tellement embêté, j'ai mis tous les curseurs à fond : augmentation de la netteté et réduction du bruit ! L'image reprend ici toute sa qualité et quasiment sans bruit. A signaler que ces réglages extrêmes ne sont pas forcément les plus optimisés, car on commence à voir des bruits de traitement liés à l'augmentation de la netteté. Vu la qualité de l'objectif, un réglage plus médian donnera certainement de meilleurs résultats encore.

 

 

La notion de piqué étant vue, il reste les autres paramètres à analyser. En premier, le vignetage.  Il est peu présent sur les JPG issus directement du drone, mais un peu plus décelable sur les RAW. Je n'ai pas spécialement optimisé ce traitement non plus sur les tests ci-dessus, mais bien entendu il sera aisé de réduire ce vignetage dans Affinity lors du dématriçage.

 

Les déformations : L'objectif du Mavic Air ne produit pas trop de déformations. Il s'en sort même plutôt bien. Pourtant, il y a certainement une petite déformation en moustache que l'on peut apercevoir sur les images tests qui ont servies à analyser le piqué ci-dessus. Si l'on regarde les images du silo ci-dessous, les lignes ont l'air bien droites, même si on se demande si l'on aurait quand même pas un très léger effet rentrant pour les verticales du bâtiment.

 

Même si les distorsions semblent négligeables au premier abord, il faut quand même faire quelques remarques. En premier, l'horizon n'est horizontal que quand il est au milieu de l'image. On a là affaire à en effet logique grand angle. C'est bien plus léger que pour l'Anafi, mais cela existe aussi pour le Mavic Air. Ensuite, la dernière image en contre plongée parait presque "trop corrigée"... C'est un effet que je connais bien quand on cherche à redresser des perspectives et des distorsions, on a parfois un sentiment d'un peu d’artificialité du rendu. Je trouve que c'est un peu le cas ici, mais c'est très léger, et il ne fait aucun doute que DJI a très bien su adopter des paramètres optiques qui aboutissent à des images de grandes qualité sans nécessiter de grandes retouches !

 

 

Les différents modes de photo

 

Hormis un mode standard (en JPG ou RAW), il y a un certain nombre de modes photo.

 

Le mode HDR : Le Mavic Air vous permet d'enregistrer une série de photos en Bracketing. Le principe étant de faire varier sur 3 ou 5 photos l'exposition. Sous Affinity (comme sur bien d'autres logiciels), on peut alors superposer les différentes photos pour augmenter la dynamique de la photo. Je vous présente ci-dessous quelques exemples faits de manière automatique avec les pré-réglages d'Affinity. La première image est faite à partir de 3 images (réglage dramatic), la suivante à partir de 3 (réglage detailed) avec à chaque fois l'image centrale du bracketing sans retraitement à sa droite. La dernière est une HDR noir et blanc ( 3 images ). (le HDR est toujours à gauche).

 

Bien entendu, en travaillant les paramètres HDR, on pourra obtenir bien d'autres rendus, mais on voit bien que cela permet de gagner en plage dynanique et on note aussi la stabilité du Mavic Air en vol qui peut prendre 3 photos superposables sans trop de soucis, d'autant plus vrai que ces séries ont été faites par vent plutôt soutenu !

 

Je trouve ainsi que de laisser le mode Bracketing tout le temps activé, donne toujours la possibilité de recourir à un traitement HDR si besoin, ce qui peut permettre de déboucher certaines ombres ou d'éviter les zones cramées.

 

 

Les panoramas : Alors pour faire des panoramas, l'idée est simple : on fait une série de photos et on les assemble par logiciel. Le Mavic Air propose 4 modes. Il fait l'assemblage lui-même. A noter que cet assemblage est imperceptible avec aucun effet de décalage. Un très bon traitement donc, mais... Lisez la suite pour en découvrir la contre-partie...

 

Le mode 3x1 : Il permet d'obtenir une photo en portrait. Il prend 3 photos en changeant le tilt de la caméra. On est censé obtenir une image de 2048 x 3712 pixels de 7Mp. J'avoue être très perplexe quand à ce mode... Théoriquement, même en se donnant une grosse bande de superposition, en prenant 3 photos de 12Mp et en les posant les unes au dessus des autres, on a aucun mal à dépasser 20Mp... Alors pourquoi se limiter à des fichiers si petits... Avec un crop du fichier 12Mp en mode portrait, j'obtiens un fichier de 6Mp ! Alors parler d'un panoramique portrait et faire 3 photos plus un traitement pour gagner 1Mp...

 

J'ai cherché dans les paramètres, je n'ai même pas trouvé une option me permettant de garder les 3 images prises pour les assembler moi-même sur Affinity... On en revient là à l'un des plus gros point négatif des drones DJI, l'application livrée... Et pour couronner le tout, et bien les images que j'ai obtenues en réalité sont même encore un peu plus petites : 2048x2854 ou 2048x2848 soit un peu moins de 6Mp ! Je suppose que l'on est là sur une variation due à la stabilité du drone, mais ce n'est qu'une supposition....

 

A part cela, les images sont de belle qualité, c'est tout de même la moindre des choses !

 

 

Le mode 3x3 : Passons maintenant au 3x3 annoncé à 4096 x 2688 (11 Mp). Là encore, prendre 9 photos pour ne même pas avoir une photo finale mieux résolue qu'une unique prise de vue, cela me dépasse un peu... En fait à y regarder de plus près, c'est comme si DJI avait juste conçu ce mode pour simuler un plus grand angle que l'objectif. Vraiment quel dommage de ne pas avoir les prises de vue originales ou de ne pas pouvoir obtenir une résolution bien plus grande... C'est vraiment très frustrant pour le photographe que je suis... Bien sûr que pour les publier sur les réseaux sociaux cela suffit, mais bon, pour les imprimer c'est vite limité...

 

Voilà donc deux exemples ci dessous, la dernière image est juste une photo normale prise au même endroit pour se rendre compte de l'élargissement de l'angle de vue, élargissement qui, finalement semble être le seul intérêt de ce mode.

 

 

Le mode 180° : Allez cette fois, on se dit que la résolution de notre image va enfin exploser... Et bien non, pas plus... 6144 x 2048 (12,5Mp), seulement...  Cela donne de beaux panoramas bien assemblés, mais je reste largement sur ma faim !

 

 

Le mode sphère : L'idée est de pouvoir faire des 360° immersifs que l'on peut regarder sur un smartphone ou une tablette en réalité quasi-virtuelle. Ici, sur cette page, l'image est présentée à plat et peut servir de belle image panoramique. Cette fois, enfin, la résolution monte à 32Mp ! Enfin ! Oui mais voilà... La caméra du Mavic Air ne sait pas filmer au dessus d'elle... Dji se doit donc de remplir le vide par une supercherie ! Quand le ciel est parfaitement bleu, cela doit passer, mais avec des nuages... Ouille !

 

 

Pour conclure le Mavic possède une très belle qualité optique mais un capteur limité en terme de pixels. Les 12Mp sont souvent suffisants mais n'autorisent pas ou peu les recadrages. Passer en mode portrait ramène même les images à seulement 6Mp. Il existe bien des modes panoramiques, mais ils ne changent que le point de vue, pas la résolution... Quand on voit que l'Anafi permet d'assembler des images de plus de 40Mp, on se dit forcément que DJI n'a pas du tout mis la priorité sur les photographes ! C'est d'autant plus dommage que la qualité optique est de très haut niveau et là, pour le coup, bien au dessus de celle de l'Anafi... On en revient finalement toujours au même avec DJI, le développement de l'application n'a pas subi la même recherche de qualité que le drone lui-même. Or, l'un ne va pas sans l'autre ! DJI a clairement mis le paquet pour la vidéo et laissé le côté photo un peu comme simple accessoire, non comme cœur de cible.

 

Pour finir, je mets une comparaison avec l'angle de vue donné sur le Reflex Canon 5d Mark IV (test à lire ici) et le Tamron SP 17-35mm f/2.8-4 OSD (test à lire ici). On voit à ce propos que la focale du Mavic Air est proche de 24mm, conformément à ce qui est annoncé par DJI.

 

 

 

Sur le terrain et dans les airs...

En sortant du Spark (test à lire ici), je trouve que le Mavic Air est vraiment très alléchant et bien plus abouti. Mais en ayant testé avant le Parrot Anafi (test à lire ici), l'impression est finalement tout autre !

 

Il faut donc sérieusement adapter sa lecture de mes impressions de vol à votre cas ! En ce qui me concerne, par rapport au Spark, le temps de décollage est très réduit et relativement aisé à réaliser. De fait, en 2 minutes (et sans courir), il passe de son sac au décollage réussi. Le fix du GPS est rapide et semble très efficace. Il reste pour moi cette position de téléphone et le support de ce dernier toujours mal ajusté, mais bon, tout le monde n'aura pas mon avis sur ce point.

 

Calibrage : Très régulièrement, le drone de DJI va demander un recalibrage du GPS avant décollage. La manœuvre est aisé et rapide, mais j'ai toujours un doute de la précision avec laquelle je dois réaliser les rotations demandées. D'autre part, j'ai toujours un doute au premier vol après recalibrage, que le recalibrage se soit effectivement bien passé...

 

En vol : Sur le papier, on a affaire à un drone ultra performant, rapide, léger... Oui, sur le papier... Mais comme je l'ai déjà dit, l'impression de vitesse est très limitée. Il fait du bruit et ne possède pas une accélération fulgurante. C'est à un point que lors de mes tests, l'Anafi me donnait souvent l'impression d'être plus rapide alors que le Mavic possède une vitesse de pointe de 13km/h de plus... Pire, le freinage est de même, très peu réactif... On s'habitue à son drone et on finit par sentir et anticiper ses mouvements, mais pour dire vrai, je n'ai pas particulièrement ressenti du plaisir à le piloter. Il va où on veut et assez vite, mais on n'a peu souvent la sensation d'avoir un drone réactif et joueur sous les doigts. Finalement, cela pousse peut-être à la prudence...

 

La distance... Je rappelle que l'on doit garder son drone à vue lors de son pilotage. Pour avoir expédié celui-ci à 500m environ, je n'ai pas eu de soucis de connexion.

 

Les commandes de prises de vue : A l'usage, pour prendre des photos ou des vidéos, je trouve vraiment le fait d'avoir un bouton dédié pour chaque type de prise, très confortable et efficace. Ainsi, pas besoin de lâcher la télécommande pour agir sur le téléphone pour passer du mode vidéo au mode photo. Par contre, je peste toujours autant de cette molette horizontale pour diriger le débattement vertical de la nacelle caméra et je trouve la vitesse de rotation caméra lente et je trouve dommageable de ne pas pouvoir régler cette vitesse séparément dans le mode sport ou dans le mode standard (C'est le cas sur l'Anafi).

 

L'atterrissage : Simple et très assisté, l'atterrissage n'est pas une difficulté en soit. Pourtant, parfois les détecteurs d'obstacles bloquent la procédure quand on l'effectue en manuel, ce que je fais presque tout le temps et il faut alors s'écarter pour qu'elle reprenne. Cela aussi on doit s'y adapter facilement, mais c'est agaçant d'avoir des détecteurs dans un but de sécuriser son vol et qu'au final, ceux-ci ne soient pas actifs en mode sport et qu'ils s'activent toujours au moment où on n'en a surtout pas besoin !!! C'est le moment où l'on se demande si, au final, c'est très utile de les avoir !

 

 

 

Le cas des filtres

Il me reste à évoquer, l’utilisation ou non de filtres supplémentaires. J'ai pu tester un filtre ND16/PL. Ma première remarque c'est que l'on installe cet accessoire sur un pas de vis et que le Gimbal du Mavic Air inspire confiance et que l'on ne craint pas trop d'y installer ce filtre. Les moteurs de stabilisation de la nacelle semblaient chauffer avec un filtre sur le Spark, ici ce n'est pas le cas. Les photos sont-elles meilleures avec ? Encore une fois, je n'en suis pas persuadé ! Le filtre ND16 ramène la vitesse d'obturation de 1/2500 à 1/200 environ, on pourra donc avoir quelques effets de flous, mais certainement plus évidents sur une vidéo que sur une photo.

 

 

Comme je l'ai déjà développé sur l'Anafi, acquérir des filtres de bonne qualité ne parait pas avoir trop d'impact sur le piqué d'image, c'est à signaler.

 

Quelques photos prises avec le drone DJI Mavic Air

 

Avant de conclure ce test, je vous présente ci-dessous quelques images réalisées avec le Mavic Air.

 

Ma conclusion

Ma conclusion est très mitigée... En premier lieu, c'est un drone de grande qualité. Il est bien fabriqué, bien conçu et il respire la solidité et la confiance. Il est doté d'un Gimbal de très haut niveau et d'une optique de grande qualité ! Alors que diable, je ne suis jamais content ?
Et oui, il y a un peu de ça. Sans concurrent, il est parfaitement placé entre un Spark trop minimaliste et un Mavic Pro plus lourd, plus encombrant et surtout plus cher. Oui mais voilà, il existe quelques alternatives sur le marché. Je n'ai testé que l'un d'entre elles, le Parrot Anafi, mais diantre, quelle alternative ! Et c'est en comparant le MAvic Air à sa concurrence que ses petits défauts que j'aurais été prêt à minimiser dans un autre contexte, ont pris une grande envergure... J'ai passé plusieurs semaines à faire voler les deux en tandem. Plus le temps passait et plus je trouvais de qualités à l'Anafi et plus je trouvais de défauts au Mavic Air.
Alors voilà, je le répète, le Mavic Air est un super drone, mais il faut en connaitre ses limites. Si en vidéo, elles ne seront pas trop flagrantes, en photographie, c'est tout autre chose ! Peu de pixels, pas de mode semi automatique, des modes panoramas qui me laissent pantois... Argh !!! Avec un logiciel plus orienté vers la photo, ce drone pourrait être un fabuleux outil photographique, force est de constater que les exigences vidéo ont été très favorisées. Après tout, vu le succès commercial de DJI, je serais quand même un peu présomptueux de vouloir leur donner des conseils..., mais quand il s'agit de choisir quel drone va rester dans mon sac, le manque du français dans l'application et ses impasses dans le mode photo sont devenus rédhibitoires.
Le dernier point noir pour moi restera l'autonomie en vol très en dessous des annonces marketing. Je trouve que de ce point de vue, le client DJI est quand même pas très considéré ! Pas de français sur Android, des photos qui ne font même pas la taille annoncée en mode panorama, une batterie qui atteint à peine les deux tiers de ce que l'on vous annonce au moment de l'achat, il y a quand même un peu d'abus !
Alors il s'agit comme toujours d'un avis très personnel. Il n'en reste pas moins que pour les baroudeurs, les vidéastes d'action, ceux pour qui il faut que ça fonctionne et puis c'est tout, le Mavic Air est certainement le meilleur choix. Je ne plaisante pas quand je dis qu'il peut aller directement dans une poche de blouson ou de sac. Il a les détecteurs qui font qu'en mode follow me ou en RTH, il y a quand même plus de chance de le voir revenir en entier que l'Anafi si l'on n'a pas tout anticipé !
Et pour finir, histoire de bien préciser cette conclusion, les photographes exigeants, calmes, posés, le Mavic ne sera pas le meilleur choix, pour les baroudeurs, ceux qui font largement plus de vidéos que de photos et qui sont adeptes des selfies en tout genre, c'est le Mavic Air qu'il vous faut !

pour résumer...


le drone DJI Mavic Air

Ce que j'ai adoré

- la construction

- la qualité d'image

 

Ce qui est bien

- la taille de la télécommande

- les détecteurs d'obstacle

- la rapidité de mise en route

   

Ce que j'ai détesté

- l'application DJI GO 4

 

 

Ce qui n'est pas terrible

- les modes photos très incomplets

- L'autonomie en vol

- L'expérience de pilotage très moyenne

 


Vous trouverez de nombreuses vidéos concernant des tests de DJI Mavic Air. Je ne joins que deux liens :

 

celui de Paladrone dont le sérieux n'est plus à prouver sur ses analyses, même si sa priorité est la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Y3jMjQboApo

 

Test des Numériques : https://www.lesnumeriques.com/drone/dji-mavic-air-p42865/test.html

 

 

 


Retrouvez les tests des autres drones sur beanico-photo :

 

Les drones pour faire des photos

 

 

 

Test : faire de la photo avec le Drone Parrot Anafi

Faire des photos avec le drone Parrot Anafi. L'avis de Béanico.

 

 

Test du Drone DJI Spark Combo Fly More

Test du drone DJI Spark Combo Fly More. L'avis de Béanico.


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Commentaires: 4
  • #1

    Arnol Joël (dimanche, 31 mars 2019 12:27)

    Bonjour,

    Merci pour ces test très interessants et que l’on ne fait pas ou que l’on ne sait pas Faire lorsque l’on débute avec les drones
    Bon dimanche

  • #2

    Beanico (dimanche, 31 mars 2019 18:49)

    Merci à vous...

  • #3

    JP (vendredi, 24 mai 2019 16:36)

    Super Test merci.
    Par contre, pour ma part, après un an d'utilisation, je ne suis pas satisfait du produit, justement pour l'expérience utilisateur. Ce drone est bruyant, la portée annoncée n'est pas celle réellement exploitable.
    Et puis les problèmes de déconnexion, perte de signal et drone qui a du mal à recevoir les ordres gâchent le plaisir d'utilisation de cette machine qui coute vraiment relativement cher (pour une utilisation amateur). Et ne parlons pas du service après vente de DJI qui n'est pas vraiment honnête. Bref, à refaire je ne prendrai pas ce drone ou alors pour une utilisation vraiment basique (mais à ce prix là je partirai chez PARROT pour un drone au tiers du prix de celui de DJI)

  • #4

    Beanico (samedi, 25 mai 2019 17:49)

    Merci de votre commentaire. Malheureusement en France, la législation (qui n'est pas forcément dénuée de toute justification) ne permet pas certains modes de communication avec le drone. Du coup, la portée, les pertes de connexion sont le lot de beaucoup de drones. Que ce soit les Dji ou le Parrot Anafi que j'ai pu tester , ils sont globalement logés à la même enseigne. Pour le reste, je vois que vous avez un peu les mêmes ressentis que moi sur l'expérience de vol.