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Test du Canon Eos RP

Le Canon Eos RP



 

 

 Introduction

Après donc pas mal d'années passées sur les Reflex Canon, je commence à préparer mon passage à l'hybride Full Frame avec le test d'un Canon Eos RP. Beaucoup d'entre vous hésitent certainement, je vous présente donc un test par le détail sur les points les plus saillants qui distingue ce boitier des autres boitiers Canon, car ne vous y trompez pas, c'est bien un boitier Canon !

 

C'est en fait, la sortie de l'Eos R6 qui m'a décidé à franchir le pas vers l'hybride. Je n'avais pas lu que des bons tests à la sortie de l'Eos R, mais la sorite des R5 et R6 a été saluée par de nombreux spécialistes. La nouvelle gamme est encore hors de tarif pour moi au moment où je rédige ce test, et entre le R et le RP, la différence importante de prix (environ 500€) a été primordiale. J'ai donc choisi le petit modèle, dans l'esprit d'une solution provisoire. Ceci étant après une grosse semaine de photos vendéennes, j'ai été vite rassuré ! Je ne regrettais déjà plus le Canon Eos 5D mark IV (test à lire ici), c'est peu dire ! Alors il y a des défauts, mais il y aussi de gros avantages à passer à l'hybride et il faudra voir quels défauts sont liés au côté hybride et quels défauts sont attachés à ce seul boitier Eos RP qui, rappelons-le, est l'entrée de la gamme.

 

 

 Mon avis sur les caractéristiques techniques

La liste des caractéristiques d'un boitier reflex, même hybride, est forcément longue... Alors vous la trouverez dans le lien ci-dessous. 

 

Vous pouvez retrouver ici toutes les caractéristiques : Canon EOS RP

 

Mettons en avant les caractéristiques qui vont être prépondérantes sur ce boitier.

 

ses avantages :

- Léger (moins de 500g), presque 2 fois moins que le 5D4 !

- Ecran rotatif (non disponible sur la série des Eos 5D)

- le viseur électronique --> permet l'affichage de la photo réelle et de nombreuses informations en plus ! (réplication de l'écran LCD)

- Autofocus Dualpixel étonnant et non limité à f/8 ! Pour les multiplicateurs, c'est le bonheur !

- 4479 positions pour les collimateurs AF, choix en pointant directement sur l'écran possible.

- Plus de Front/Back Focus (enfin !)

- Nouveau mode FV très bien pensé, adopté et dont nous reparlerons sur le terrain !

- Nouvelle molette sous le pouce + une bague sur les objectifs RF.

- Liaison par USB-C (enfin !)

- Batteries compatibles disponibles pour moins de 20€

- 400 photos réalisées avec une seule batterie (250 annoncées)

 

ses inconvénients :

- le viseur électronique --> moins fluide qu'un viseur optique.

- Autofocus moins réactif qu'un réflex et même très lent en basse lumière.

- Vitesse d'obturation limitée à 1/4000.

- Montée en ISO moins bonne que le 5D4 mais similaire au 5D3.

- Il n'y a pas de volet de protection du capteur. Quand on change d'objectif, le capteur est à l'air libre, il y a donc plus de chance de récupérer une poussière.

- Taille un peu petite pour des mains adultes avec possibilité de rajouter une petite extension qui se paye bien cher !

- Pas de roue codeuse ni de joystick sur la face arrière.

- Batteries différentes des Canon 5D et R ou R6...

- Autonomie de la batterie de seulement 250 photos sur la fiche technique.

 

ses autres caractéristiques :

- le capteur est de 26Mp. Cela peut paraitre un peu petit, mais c'est anecdotique dans la réalité. De 30Mp à 26Mp, cela fait quand même très peu de différence sur la photo finale. Autant les 20Mp du nouvel Eos R6 peuvent être un réel inconvénient, autant 26Mp ou 30Mp, je ne vois pas tellement de différence.

- La personnalisation des commandes et des affichages n'est pas complète, mais quand même très étendue.

 

 

L'extension EG-E1

Attention cette extension n'est pas un grip au sens où on l'entend habituellement. On n'y loge pas de batterie supplémentaire, et il n'y a aucun rappel de commande pour une tenue de l'appareil en mode portrait. Il ne s'agit donc définitivement pas d'un grip. En fait, l'appareil est tellement compact que même avec mes petites mains, mon petit doigt est toujours en dehors du boitier et quand on monte un objectif assez imposant, le confort est loin d'être optimum. Du coup, Canon propose une petite extension d'un peu moins d'un cm de haut et qui change tout. C'est un joli produit, mais qui alourdit forcément un peu le boitier et surtout, qui est vendu à un prix exhorbitant : 80€ ! Mais voilà, cela me parait indispensable. Il existe des extensions chinoises à quelques euros, mais la plupart comportent un trou pile à l'endroit du petit doigt à cause de l'ouverture de la trappe de batterie. Bref, à rajouter au budget. On en trouve d'occasion si on n'est pas trop pressé (aux alentours de 50€).

 

 

 

La montée en ISO

Comme déjà signalé, la montée en bruit est dans la moyenne, mais elle déçoit un peu quand on arrive d'un boitier comme le 5D4 (qui est l'un des meilleurs dans ce domaine). On reste au dessus des boitiers APS-C standards et pour moi c'est comparable et peut-être un peu meilleur que les 7DII et 5D3 qui sont plutôt considérés comme de bons élèves. Ici, un post-traitement des fichiers RAW avec un logiciel comme Dxo PhotoLab apporte un plus indéniable. Dans la pratique, si je n'hésitais pas à aller à 12800 ISO avec le 5D4, j'ai tendance à à me limiter à 6400 ISO sur le RP. A 12800, je ne parviens pas toujours à faire oublier le bruit par le post-traitement , ce qui est le cas sur un 5D4. Ci-dessous, deux exemples de photo prise à 12800 ISO, avec un bruit bien présent après post-traitement. L'image reste tout à fait exploitable, mais on n'a pas cela avec un 5D4, sinon à monter encore plus haut en ISO.

 

 

 

La compatibilité avec la monture EF 

Il s'agit là de la grande réussite de Canon ! La gamme des boitiers Hybride EOS R / RP et compagnie propose une nouvelle monture nommée RF. Cette gamme commence à se développer chez Canon, mais pas aujourd'hui encore chez les fabricants tiers (Tamron / Sigma ou Tokina). De plus cette gamme prometteuse est positionnée soit très haut de gamme ou soit entrée de gamme avec des prix hallucinants pour les premiers et des caractéristiques optiques limitées pour les seconds !

 

Le coup de maître de Canon, c'est la bague adaptatrice EOS EF-R qui assure une compatibilité parfaite avec l'ensemble du parc d'optiques EF (la monture historique des boitiers EOS FF depuis l'argentique). Quand je dis l'ensemble, j'ai testé déjà pas mal d'objectifs dessus, avec des combinaisons improbables de multiplicateurs, et quelque soit la marque d'origine, je n'ai pas trouvé un seul objectif ne fonctionnant pas. Parfait !

 

Cette bague permet aussi de monter des Objectifs EF-S (objectifs destinés aux EOS APS-C). Toutefois, je trouve cela assez peu utile, car il s'agit d'un simple crop du capteur aboutissant à des images de 10Mp seulement. Ceci est logique d'un point de vue mécanique et optique. Au final, on se retrouve avec des photos en basse résolution, mais citons que cela offre tout de même une possibilité d'utiliser au moins provisoirement un parc optique existant., ou peut se révéler suffisant pour certaines activités avec un parc optique léger (c'est l'avantage des EF-S).

 

Attention : il existe des bagues provenant d'autres marques. J'ai testé rapidement la Viltrox R2 avec la bague de réglage, je vous la déconseille, je trouve qu'il y a trop de jeu dans la liaison avec les objectifs et j'ai pu avoir des faux contacts, ce ne fut jamais le cas avec la bague Canon ! Attention aussi à des bagues premier-prix qui ne possèdent aucun contact électroniques, elles n'ont aucune utilité et on est à la limite de l'arnaque !

 

L'AutoFocus

Là, je crois que l'on pourrait y passer une heure avant d'en avoir fait le tour tant le fonctionnement est différent d'un réflex standard, et surtout d'un boitier aussi performant que le 5D4 (ou le 7D2). La première chose à dire c'est qu'il y a des avantages incroyables, mais que cela passe par quelques inconvénients de taille au démarrage. Il faut comprendre que la visée sur un hybride se passe directement par le capteur réel, et non pas par un pentaprisme optique. Par nature et par construction, on obtient un fonctionnement radicalement différent. En fait le module autofocus fonctionne comme le liveview d'un 5D4 (visée sur écran) avec une réplication dans le viseur de l'écran.

 

Pour commencer, la principale caractéristique d'un tel autofocus est de travailler sur une image réelle simulée, très proche de la photo réelle, en particulier sur la profondeur de champ. Régler l'ouverture pour chercher un plan de netteté est ainsi bien plus aisé. D'autre part, il n'y aura plus de phénomène de back/front focus. Ce point était induit par la dualité de visée du système réflex où un léger décalage entre la visée et la prise de photo. Avec l'hybride, plus de souci de ce point de vue. Dernière point positif, il n'y a plus de limitation d'ouverture. Sur un 5D4, par exemple, l'AF ne fonctionnait qu'avec un système optique possèdant une ouverture maximum inférieure ou égale à f/8. Sur un objectif standard, cela n'est pas une limite. Mais dès que l'on monte un multiplicateur, on dépasse aisément les f/8 ! Par exemple, un 150-600 f/6.3 d'origine est à f/8 avec un mutliplicateur 1,4x, mais passe à f/13 avec un 2x ! Sur le système hybride, f/13, cela fonctionne ! On peut même pousser bien plus loin ! Monter plusieurs multiplicateurs l'un derrière l'autre ne pose pas de problème, hormis le ralentissement de la réactivité. Par exemple, étendre un 400mm à 1200mm (400 x2 x1,5) est parfaitement fonctionnel ! C'est impensable d'utiliser un tel montage à main levée sur un 5D4 (c'est possible en visée liveview sur trépied).

 

L'autre avantage est la possibilité accrue d'informations en incrustation dans le viseur avec pas mal de possibilités de personnalisation. Par contre, le viseur reste un écran LCD et c'est globalement moins confortable à regarder. Il y a un balayage que l'on peut régler en mode économique mais la réactivité devient pénalisante. Si c'est un peu déroutant au premier abord, finalement, je m'y suis rapidement habitué. Cela reste moins confortable que le 5D4, mais on s'y fait.

 

Une autre fonction est apparue, c'est le surlignage de la zone de netteté en mode AF manuel. On peut voir s'éclairer sur l'écran (ou le viseur) des lignes fluorescentes (on peut en choisir la couleur) sur les zones nettes. Pour régler en l'AF en manuel, c'est vraiment un luxe incroyable et utiliser le mode manuel devient presque aussi simple qu'un AF.

 

Pour finir, les modes d'AF sont aussi nombreux que sur le 5D4 avec une possibilité de faire glisser la zone d'AF à partir de l'écran tactile (tout cela étant aussi à personnaliser).

 

 

 

Ci-desssous, quelques exemples d'images prises avec l'EOS RP, sa bague et des objectifs en monture EF de différentes marques :

 

 

Mon avis sur le terrain

Quand on vient d'un appareil aussi bon qu'un 5D4, on se dit que la barre est haute. Et il faut être honnête, cela ne vient pas du premier coup ! Il faut changer de monde et il ne faut pas reproduire systématiquement ce que l'on faisait avec le reflex FF à visée optique. Cela demande beaucoup d'essais de personnalisation pour atteindre une bonne réactivité là où je laissais souvent les mêmes options sur le 5D4. Le côté tactile de l'écran est sympa, mais on a trop vite fait de décaler le collimateur de l'AF. Il m'a donc fallu associer une touche sous le pouce au retour central !

 

La prise en main (avec l'extension EG-E1) est bonne et on apprécie le poids plume de l'appareil ! Le petit écran LCD de rappel des réglages me manque un peu, mais j'apprécie fortement la nouvelle molette de pouce qui, associée au mode FV devient rapidement un outil indispensable. Ces deux fonctions sont présentes sur tous les boitier hybrides de la série R.

 

La rafale me va pour mes activités, même si ce n'est pas aussi rapide que le 5D4 (mais je n'utilisais jamais la rafale pleine vitesse). On est à 5 images par secondes (ou 4 en mode AF suivi). Là encore c'est faible pour du sport. Le gros défaut pour moi, est l'accroche AF qui a parfois du mal avec peu de contraste ou en faible lumière. Sur le 5D4, je gardais à 95% le collimateur central en mode Spot. La réactivité et la précision du 5D4 (l'un des meilleurs du marché sur ce point) faisait le reste. Sur le RP, impossible de toujours rester dans ce mode ! On s'énerve vite ! Souvent, il rate l'accroche, prend une autre cible... A l'arrivée, je suis passé sur un collimateur standard avec extension. Il faut jongler bien plus souvent avec le mode d'AF, mais en personnalisant encore une fois les boutons, on accède très rapidement à tous ces réglages. Cela induit quand même une nécessité de manipulations fréquentes et plus ou moins longues. Jongler avec tous les raccourcis demande un peu de pratique, et je me mélange encore souvent les doigts ! C'est pourquoi, pour l'instant, je pense que l'utilisation pour des professionnels du sport me parait un peu difficile. Il en est de même pour suivre un oiseau en vol avec un super téléobjectif, j'ai encore du mal à réaliser ce qui me parait assez simple de faire avec le 5D4, mais je pense qu'avec une meilleure adaptation de mes vieilles habitudes, je vais bien finir par y arriver. Cet AF est bel et bien véloce comme annoncé par Canon, mais il a un temps de réaction un peu pénible.

 

Il faut aussi souligner la disparition du mode AI Focus que j'utilisais souvent. Ce mode sur les Eos standards permettait d'allier les modes Af oneshot et Af suivi, avec un basculement automatique plus ou moins pertinent, mais pratique. Sur l'EOS RP, il faudra basculer d'un mode à l'autre en appuyant sur un bouton (encore un à mémoriser).

 

Passons aux bons points : la qualité d'image est belle et bien au niveau du 5D4 et digne de son capteur Full Frame. Comme tous les boitiers Canon, il a sa propre personnalité. Il faut apprendre à jouer avec. Si lLa montée en ISO est moins bonne qu'avec le 5D4, avec DxO PhotoLab, on parvient à tirer de très belles choses à 12800 ISO. Le gros intérêt concerne tout de même l'AF qui n'est plus limité à f/8, et là, le champs des possibles s'ouvre à vous. Le Sigma 100-400C (test à lire ici) que je n'ai jamais réussi à régler correctement sur le 5D4 (même à l'aide de dock station Sigma) fonctionne à merveille ! Et comme déjà signalé, associé aux multiplicateurs Canon 1,4x ou 2x, on ne perd quasiment aucune réactivité de l'AF. Ça c'est du jamais vu. Vous pouvez même monter deux extender l'un derrière l'autre, l'AF est toujours là ! On se retrouve donc aisément avec un 800mm f/13 stabilisé et réactif ou avec un 1200 f/16 stabilisé et avec un AF, certes un peu lent mais qui fonctionne. J'ai réussi avec cela des photos impossibles à faire à main levée avec le 5D4 ! Les bateaux du Vendée Globe naviguant au large quelques jours avant le dapart ont été un formidable sujet !

 

Terminons par des impressions générales. A l'usage, on oublie certaines fonctionnalités des anciens boitiers. Cela manque parfois, mais on se dit aussi que biens d'autres avantages compensent ces pertes. Comme toujours en photo, ce sont les compromis faits qui donnent une personnalité à chaque boitier et qui le rend unique. Cet Eos RP est un agréable compagnon, léger, compact et produisant de magnifiques photos. Etre créatif est souvent plus simple, car les fonctionnalités apportées par le viseur LCD rendent plus simples bien des réglages de prises de vue. Certes, les meilleurs techniciens n'ont pas besoin de ces aides supplémentaires, mais pour les amateurs comme moi, c'est un plus indéniable. Mais il faut aussi se satisfaire d'un boitier moins réactif, où le temps de réglage est un peu plus long avant le déclenchement. Quad j'écirs cela, je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec les avis que j'ai pu lire sur l'EOS 6D qui, me semble-t-il, amenait aux mêmes conclusions. Etant donné que ces deux boitiers se situent dans une gamme de prix similaire, et visent certainement le même public, il ne faut peut-être pas s'étonner ! De ce point de vue, le nouvel EOS R5 est peut-être plus à comparer au 5D4 que le RP, mais bon nous parlons là d'un boitier à 4500€ tout de même ! Même en occasion, il n'est pas prêt de rentrer dans mon budget...

 

Un point est à regarder aussi. Le positionnement entrée de gamme de cet Eos RP a une limitation qui ne parait pas primordiale sur la fiche technique et qui pourtant, m'a souvent bridé : c'est la limite de l'obturateur à 1/4000. Pour figer une action, cela suffit grandement, le 1/8000 n'est pas nécessaire. Mais quand on parle de grande ouverture, la limitation est très vite un mur infranchissable. C'est le cas de l'utilisation avec un objectif à focale fixe comme le Sigma 50mm f/1.4 Art (test à lire ici) qui est mon objectif de base, mon objectif à tout faire. Et bien en plein jour, sur un paysage bien éclairé, impossible d'utiliser la pleine ouverture, car à 1/4000, l'image est systématiquement surexposée (voire cramée dans ces zones les plus claires). C'est vrai que sur le 5D4, je finissais très souvent au 1/8000 avec cet objectif. Il y a là pour moi une réelle frustration. Précisons que les autres boitiers hybrides (R, R6 et R5) n'ont pas cette limitation. L'excellent rapport / qualité prix du RP se fait quand même sentir ici.

 

Prenons le temps aussi d'évoquer le nouveau mode de prise de vue introduit sur les EOS R, le mode FV. Ce mode est FV est mode adaptatif. Vous avez ici accès à tous les modes Pro réunis en un seul : P, TV, AV ou M. De base, tout est réglé en automatique, comme en mode P. On peut alors choisir d'agir sur la vitesse, l'ouverture, ou les ISOs en laissant ce que l'on veut en automatique. Il y a accès aussi au décalage d'exposition. On passe d'un réglage à l'autre grâce à la nouvelle molette sous le pouce et on change sa valeur par la molette sous l'index. Alors du coup, je reste tout le temps dans ce mode, avec un nouveau bouton à mémoriser qui repasse toutes les valuers en automatique d'une simple pression.

 

 

 

Bref, comme vous pouvez le voir, ce boitier nécessite un temps d'apprentissage non négligeable et il ne faut pas s'arrêter à une première impression en le comparant à ses anciennes habitudes. En se cantonnant à cette première impression, on ne retient bien entendu que ce qu'on ne retrouve pas à l'identique. Il faut donc lui laisser sa chance, découvrir ses plus et petit à petit adapter sa personnalisation à sa pratique et faire doucement évoluer ses habitudes pour définir une nouvelle adéquation. C'est une nouvelle aventure et je crois qu'il y a réellement un pas en avant des possibilités photographiques avec cette nouvelle génération.

 

Parlons des batteries. J'étais très inquiet quand je lisais la fiche technique. Seulement 250 photos, c'est bien peu. Il m'arrive d'en faire 1000 dans une journée (type mariage par exemple), alors cela fait 4 batteries... Au final, j'ai facilement atteint les 400 photos, que ce soit avec la batterie d'origine ou avec une batterie compatible (de bonne qualité). Attention, Canon a un peu bridé la concurrence et les batteries génériques ne donnent pas d'accès à leur niveau de charge. Elles se coupent sans aucune autre forme de procès quand elles sont vides. Donc moins d'autonomie que sur le 5D4 (ou je parvenais à près de 800 photos), mais je suis largement au dessus de celle annoncée par Canon. Il faut dire que j'utilise peu l'écran.

 

Je terminerai ce test par un petit défaut tout de même à l'usage. Il a un petit détecteur qui permet de basculer l'affichage de l'écran arrière au viseur, de sorte que les deux ne fonctionnent pas en même temps (puisque ce n'est pas utile). Si vous approchez votre visage de l'écran, celui-ci se coupe et l'affichage bascule sur le viseur. Quand vous retirez le visage, l'écran se réactive et le viseur s'éteint. En théorie, c'est pratique et bien pensé. A l'usage, le détecteur peut s'enclencher intempestivement, par exemple quand vous naviguez dans les menus en tactile sur l'écran, votre main a vite fait de passer sur le capteur et l'affichage passe dans le viseur. C'est assez pénible. De même, la position de ce capteur à droite du viseur implique que si vous visez avec votre œil droit, parfois, la joue ne recouvre pas suffisamment le capteur et c'est l'écran qui s'active. Bref, on s'énerve parfois un peu après le truc, et ce sont surtout encore des occasions de photos ratées. Dans le même ordre d'idée, il y a aussi le fait de revoir la photo prise pendant quelques secondes. Sur les reflex standards, la photo apparait sur l'écran après le déclenchement. Sur l'EOS RP, elle apparait sur l'écran actif, soit le LCD arrière, soit le viseur. Il faut alors appuyer sur le déclencheur pour reprendre la main.

 

 

Conclusion

Elle va être simple et efficace : l'essayer c'est l'adopter. Toutefois, ne vous attendez pas à retrouver toutes vos habitudes, il faudra accepter de s'en créer de nouvelles et ouvrir son esprit à bien de nouvelles possibilités. C'est une vraie évolution de notre passion, c'est de toute façon l'avenir, et maintenant, je comprends pourquoi !

 

Il est relativement peu cher (dans le monde des Full Frame), très compact et délivre de très belles photos. Si vous venez d'un boitier APS-C, vous ne lui trouverez pas beaucoup de défauts, si vous venez d'un 6D, vous retrouverez un appareil assez similaire au vôtre, mais si vous venez d'un 5D3 ou 5D4 et même d'un 7D2, les capacités sportives vont se trouvées bien affaiblies sur ce boitier, qui rappelons-le, n'est qu'un boitier d'entrée de gamme. En prenant en compte ce facteur, cela donne un rapport qualité/prix relativement exceptionnel (surtout en occasion) ! 

 

Je ne saurais donc que vous inciter à considérer la solution hybride comme étant probablement votre futur de photographe.

 

 

Et pour finir, quelques photos réalisées avec le Canon Eos RP :


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