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Test du Tamron SP 150-600 mm f/5-6.3 Di USD VC G2


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Tamron SP 150-600 mm f/5-6.3 G2


Intro

Voici donc le test de la seconde version du super-téléobjectif de Tamron, le 150-600mm. Sa dénomination totale est Tamron 150-600 mm f/5-6.3 Di VC USD G2. Le G2 indiquant la nouvelle version. La version d'origine aura rapidement été optimisée (le G1 est sorti fin 2013 et le G2 fin 2016). Tamron annonce avoir tenu compte de pas mal de critiques concernant sa première mouture. Voyons si cet objectif est meilleur que son prédécesseur, et surtout voyons si la différence de prix (300 € de plus en occasion) se justifie. Comme souvent, nous serons en équilibre précaire, entre progrès techniques et aspect financier.

 

Notons que la version 1 a été testée sur beanico-photo il y a quelques mois déjà, il pourra donc être très utile de reprendre ce test, sachant que beaucoup de paramètres sont identiques ou quasiment identiques. ( test à lire ici ).

Mon avis sur les caractéristiques techniques

Globalement, l'ensemble des éléments déjà développés sur le test de la version 1 sont toujours valides, je vais ainsi orienter mes commentaires sur ce qui différencie cette version G2 et je reprendrai certains commentaires du G1 quand il n'y a pas de différence entre G1 et G2.

 

Vous pouvez retrouver toutes les caractéristiques chez LensTip : Tamron 150-600 mm f/5-6.3 Di VC USD G2

 

La première chose à dire, c'est que Tamron a fait plus que de simplement relooker son objectif. Sur les caractéristiques, on note tout de suite une différence notable : 21 éléments optiques contre seulement 20 sur le G1. La formule optique est donc bien différente. Pour les dimensions, 2mm de plus en long et en largeur, cela ne va pas changer grand chose... Pour le poids, on prend 59g de plus. Ce n'est pas négligeable autour du cou, mais cela ne représente que 3% de plus. Cela ne sera pas rédhibitoire.

 

Il faut tout de même comparer aux deux objectifs Sigma concurrents (1930g pour la version C et 2860g pour la version S). Les dimensions et le poids du Tamron le font donc se ranger dans la catégorie du C. Malgré tout, on a affaire à un très gros zoom ! Avec le pare-soleil, c'est même impressionnant ! Pour comparaison, un 70-200 f/2.8 fait tout de même aux alentours de 6 cm de moins en longueur... La longueur n'est pas fixe (et heureusement !) et à 600mm, la longueur est grosso-modo le double et il faut éventuellement rajouter l'imposant pare-soleil... Personnellement, ce dernier reste à la maison car il prend trop de place dans mon sac !

 Dernière évolution qui intéresse particulièrement certains baroudeurs, le G2 est tropicalisé, le rendant utilisable dans des conditions plus extrêmes, comme la pluie ou la poussière.

 

Le range :  C'est là le premier et le plus important des avantages, une focale impressionnante de 600mm (voire 900mm avec un extender 1,5x). Les marmottes n'ont plus qu'à bien se tenir... Quand on fait de l'animalier, globalement, du grossissement, on n'en a jamais assez ! Autant, sur Full Frame, je trouve le 200mm trop court, autant 600mm, c'est confortable ! De plus l'amplitude est grande. 150mm, c'est loin du grand angle, mais cela permet tout de même de cadrer au plus prêt de son sujet, de sa taille et de son éloignement.

 

L'ouverture :  f/5-6,3 peut paraître une ouverture très faible. C'est vrai dans l'absolu. Pourtant, à l'usage, la présence d'une stabilisation très efficace et étant donné que la pleine ouverture délivre un piqué d'image excellent, on n'est pas si limité que cela. Avec le 5DIII (ou le 5DIV), en poussant les ISO à 6400 (avec un bon post traitement) je fais aisément des photos en salle de concert sans flash. Avec le 7DII, on doit peut également obtenir également un bon rendu à 6400 ISO, même si ce sera plus limite.

 

L'autofocus :  L'autofocus est ultrasonique (USD) comme sur toutes les optiques modernes. Rien à dire de spécial si ce n'est que la précision est très bonne. D'après Tamron, cette version G2 est un peu plus réactive que le G1, je suis assez enclin à le croire. Il me parait effectivement un peu plus rapide, mais parfois, je le trouve presque trop réactif et il en résulte parfois quelques difficultés d'accroche, car il passe trop vite sur le bon point. Maintenant, comme il est compatible avec le dock USB de réglage, on peut tenter d'optimiser certains réglages.

 

La distance mini de mise au point :  2,20m, c'est ici certainement la plus grande différence opérationnelle entre le G1 et le G2. On gagne 50cm, c'est énorme (presque 20% de mieux). Du coup le grossissement maximum passe de 1:5 à 1:3,9. Ce n'est pas un objectif macro (grossissement de 1:1), mais on gagne ici indéniablement de la marge d’utilisation. Par exemple, en intérieur, pour faire des portraits, 50 cm de moins pour la mise au point, cela décuple les possibilités, sans parler du bokeh max qui va en profiter aussi.

 

La stabilisation :  De nouveau, on retrouve une grosse différence entre les deux versions du 150-600. D'abord, rappelons que cette stabilisation permet une utilisation à main levée, et c'est un outil indispensable. De simpliste sur le G1 avec un seul mode de fonctionnement, il devient complet et à hauteur de la concurrence en proposant 3 modes (en particulier pour le filé). Cela était une limitation réelle dans certaines conditions de prises de vues sur le G1. Pour l'efficacité de la stabilisation, j'avoue avoir peu vu de différence entre les deux, et je n'ai pas trouvé de tests chiffrés pour le G2.

 

Il existe une dernière différence qui peut paraitre anecdotique au premier abord, mais qui ne l'est pas tant que ça ! La prise en main a un peu changé, avec un collier de trèpied plus long et plus agréable à tenir. Même en l'utilisant toujours à main levée, je garde le collier avec la poignée en position au dessus de l'objectif. Cela me permet de transporter l'ensemble (boitier + objo, environ 3kg) comme avec une poignée de caméra. Cela se révèle assez pratique. Ensuite, on peut désormais locker le zoom dans toutes les focales en glissant simplement la bague de mise au point. C'est rapide et très efficace. Je m'en sers très souvent, je me bloque ainsi sur une focale, et je n'ai pas d'allongement inopiné. Sur le G1, on ne pouvait le locker qu'en 150mm par un bouton.

 

Dernier point, Tamron sur ses versions G2 a changé l'ergonomie de ses boutons (AF, VC,...). C'est joli, plus moderne que sur les G1, mais c'est en fait un énorme défaut de ces versions G2 : les boutons se commutent très facilement, et en le ressortant du sac, la plupart du temps, la stabilisation est passée en OFF ! Il m'a fallu mettre une bande élastique large sur le module boutons... Peu esthétique, mais cela fonctionne à peu près. Cela ne m'empêche pas de vérifier très souvent que mes réglages sont restés actifs !

Mon avis sur la qualité optique

La qualité optique du Tamron 150-600 G1 était à mon avis déjà haute, qu'en est-il de la version G2 ? Il faut ici signaler que les tests chiffrés trouvés sur les sites dédiés notaient tous des faiblesses en piqué importantes de la version G1. La version G2 était censée apporter des améliorations sur ce point. Il est alors dommage de constater que personne sur ces mêmes sites n'ait pris la peine de retester cette version G2 dans les mêmes conditions... Alors, je vous propose mes images tests habituelles... Une fois de plus, les tests en labo, c'est une chose, mais c'est bien sur le terrain que l'on peut se rendre compte de l'exploitabilité d'un objectif. Je présente en premier les résultats du G2, puis, nous comparerons avec les résultats obtenus avec le G1, il y a quelques mois.

Whaouh... Je suis toujours aussi impressionné par la qualité optique de ce 150-600mm. On a beau me dire qu'il y a mieux (mais éventuellement à quel prix ?), me donner des mesures indiquant que ces objectifs sont mous à 600mm, personnellement, quand je regarde la précision des rendus, la netteté des crops 100% (même sur le très exigeant capteur du 5DIV), je reste sur ma position, c'est excellent ! J'ai fait comme tout le monde, longtemps cru que le Graal, c'était le 70-200 f/2.8, et bien maintenant, pour moi, le 600 f/6.3 en est un aussi ! Que ce soit en G1 ou en G2, comment douter que l'on va pouvoir exploiter les images obtenues ! Il faut aussi rappeler que toutes ces images sont prises à main levée, sans trépied.

 

On notera que dès la pleine ouverture le piqué est très bon, mais on gagne un peu en fermant d'un cran. En extérieur, il ne faut pas hésiter, en intérieur, on sera presque toujours à pleine ouverture. Il nous reste tout de même à comparer cette version G2 à l'ancienne G1. Vous trouverez ci-dessous les Crop 100% à 150mm puis à 600mm.

Il faut d'abord remarquer que les images tests de la version G2 donnent un plus fort grossissement. Ce n'est pas lié à l'objectif, mais au boitier. Je suis passé entre-temps au Canon Eos 5D Mark IV (test à venir) à la place du 5D Mark III ( test à lire ici ) utilisé pour le test du 150-600 G1. La différence de pixels du capteur (30MP contre 22Mp) produit ce grossissement supplémentaire en Crop 100%. C'est d'ailleurs l'occasion d’apprécier cette différence. En contre-partie, le capteur révèle encore un peu plus les limites optiques d'un objectif. Ainsi, sur les images comparées, au centre, le G2 semble avoir un piqué légèrement meilleur que le G1 (mais cela ne saute pas aux yeux). Par contre, sur les bords, à 600mm, le G2 semble vraiment meilleur. Si on rajoute l'effet boitier, l'amélioration est donc sans aucun doute non négligeable. Ci-dessous, un comparatif lors de l'utilisation d'un multiplicateur, le Sigma 1,4x pour le G1 et le Kenko 1,5x avec le G2. Je vous invite à parcourir les tests que j'ai réalisés sur ces multiplicateurs (le G2 ayant été le juge de paix dans l'ensemble des tests à lire ici). Vous constaterez ici également que le G2 donnera de bien meilleurs résultats.

Canon 5D + Tamron 150-600 G1 et G2 - comparatif piqué - beanico-photo

Parlons vignetage... Il est fort bien maitrisé, et dès que l'on ferme de deux crans le diaphragme, il devient imperceptible. La conclusion est donc ici la même que pour le G1.

Pour le bokeh, il faut comparer directement à 600mm les deux versions G1 et G2. Souvenez-vous que la distance mini de mise au point a été améliorée de 50cm, cela a une influence directe sur les capacités de bokeh profonds.

On gagne un peu sur le papier, sur les photos ce n'est pas si flagrant que ça...

On peut faire de longs discours, mais le mieux c'est de regarder les photos, elles parlent d'elles-même ! Ci dessous, quelques exemples imageant bien le potentiel optique de l'objectif.

Mon avis sur le terrain

Le plus difficile avec cet objectif est de lui trouver une place dans son sac. Votre sac doit s'agrandir et vos épaules se muscler... Mais quand tout cela est réglé, ou accepté, un coup que ce Tamron 150-600mm f/5-6.3 Di VC USD G2 est attaché à votre boitier, le charme opère ! Quel bonheur d'avoir une telle focale. Dès la pleine ouverture, ça pique fort et en fermant d'un cran, cela devient incroyable. Il y a certainement des super téléobjectifs encore bien meilleurs, mais sont-ils accessibles à moins de 1000€ ? Alors, il est le plus souvent possible dans le sac que ce soit en ville, en concert (où il fait merveille) et bien sûr en randonnée...
Bien entendu on ne peut pas l'avoir autour du cou pendant des heures, des accessoires de portage sont indispensables et attention, le poids a des conséquences à tout niveau. La visée à main levée m'amène régulièrement des douleurs dans le dos.
Il me faut également parler de ce qui fâche ! Tamron dans une manoeuvre commerciale dont on peut comprendre aisément les ressorts a fait en sorte de bloquer les multiplicateurs d'une autre marque quand ils sont montés sur ce G2. En fait l'autofocus se commute automatiquement en manuel avec tous les 1,4x que j'ai pu tester... Alors bien sûr, j'ai tenté l'investissement exhorbitant du Tamron TC-X14 (lire le test ici). Et vous savez quoi ? En plus il est très médiocre ! Après de longues recherches, j'ai fini par trouver un multiplicateur compatible, l'improbable et rare Kenko 1,5x (lire le test ici). Entre les boutons qui ne tiennent pas en place et cette incompatibilité choisie (car je ne doute à aucun moment que cela soit volontaire), il m'a donc imposé certaines adaptations. Mais il est adopté quand même, car avec aucun autre je n'ai réussi à produire de telles images pour l'instant.
Je rajouterai également que la bête est solide ! Lors de ma première sortie avec, j'ai fait ce qui ne m'est jamais arrivé : il a pris un vol à la vertical de 1m de haut directement sur le bitume, lentille frontale (avec le bouchon) la tête la première ! Horreur, ma première réaction ce fut forcément, il est mort... Et bien non, il fonctionne toujours à merveille. Le fût a souffert autour de la lentille frontale, je l'ai recollé et renforcé, et 8 mois après, rien à dire, il marche toujours parfaitement, les images produites ici en attestant sans équivoque. Chapeau !

Ma conclusion

Ma conclusion tient d'un équilibre peu aisé. La qualité optique est au top, le poids et l'encombrement plutôt maitrisés (si on tient compte de la focale), mais il y a ces petites choses qui agacent (boutons, compatibilité avec les multiplicateurs)... Est-ce que je conseille ce 150-600 G2 ? Oui, sans hésiter, mais pas sans réserves ! D'abord le G1 fait le boulot aussi et vous économisez 300€. En plus vous pourrez lui adjoindre le multiplicateur de votre choix !

 

Et la concurrence ? Chez Canon, il y a les 100-400mm, mais bon il manque 200mm. C'est donc chez Sigma qu'il faut regarder. La version C est très comparable en terme de prix et d'encombrement avec la version G1. Je n'ai pas encore eu l'occasion de la tester, mais cela fait partie des projets à venir... La version S (Sport) explose tout : le prix et l'encombrement ! Sur certains tests, il serait très au-dessus du Tamron G1 en terme de qualité optique, mais je n'ai pas trouvé de test par rapport au G2, et bon, comme je ne suis pas en accord avec les conclusions des tests concernant le G1... De toutes façons au vu de la taille et du poids du Sigma S, il ne rejoindra pas mon sac.

 

Il y a un dernier point très important. c'est le boitier sur lequel vous allez le monter. En effet, je pense qu'il y a beaucoup à gagner avec le traitement du bruit du boitier. L'utilisation en concert a été ma plus grande surprise. Avec une ouverture à f/6.3, je pensais sur le papier que cela ne pourrait rien donner de bon. En fait, comme votre angle est très fermé, le jeux des projecteurs vous amène finalement pas mal de lumière. Il faut monter en ISO. Je suis souvent à 6400 et avec un traitement par le logiciel DXO Photolab Elite, on ressort des images d'une qualité incroyable. Je ne suis pas si sûr qu'un "pro" avec de gros objectifs blancs ferait vraiment mieux (à part sur le bokeh). Je ne parle peut-être pas assez souvent de l'impact des boitiers dans mes photos... Une photo c'est un couple objo+boitier, et là les dernières générations vous offrent de nouvelles possibilités grâce au traitement du bruit qui s'améliore de génération en génération. Pour exemple, si je dois comparer les rendus de bruit, pour moi un 7DII à 3200 ISO est équivalent au 5DIII à 6400 ISO et au 5DIV à 12800 ISO. Cela veut dire que je vais pouvoir multiplier par 4 ma vitesse d'obturation pour faire la même photo. C'est à ce moment que l'ouverture à f/6.3 n'est plus un réel soucis.

 

Ainsi, dans votre bilan financier, l'acquisition d'un boitier moderne peut justifier de se tourner vers un super téléobjectif moins onéreux. Alors pour l'heure, je vous conseille d'étudier sérieusement l'offre Tamron. Le G2 est meilleur sans aucun doute que le G1, mais il faudra composer avec ses "petits" défauts et débourser quelques centaines d'euros en plus. Alors pour une utilisation occasionnelle, ou pour un premier super téléobjectif, le G1 n'est certainement pas un mauvais choix non plus...

Quelques photos prises avec le Canon EF 135 mm f/2.0 L USM


pour résumer...


le Tamron SP 150-600 mm f/5-6.3 Di USD VC G2

 

Ce que j'ai adoré

- le range de 150 à 600mm

- Le piqué des images

- la stabilisation

 

Ce qui est bien

- la distance mini de mise au point

 

   

Ce que j'ai détesté

-l'incompatibilité avec les multiplicateurs 1,4x

- les nouveaux boutons

 

Ce qui n'est pas terrible

- le poids à porter sur une journée...

 

 


Retrouvez les tests complets des autres sites sur cet objectif :

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Alex (mardi, 17 juillet 2018 04:33)

    Bonjour Beanico,

    Ne pas oublier aussi que le G2 est compatible avec la console tap-in et tout ce qu'elle permet: réglage fin de l'AF, personnalisation de la stab et de l'AF et mise à jour du micrologiciel sans passer par un SAV.

  • #2

    Beanico (mardi, 17 juillet 2018 08:22)

    C'est tout à fait vrai. C'est un avantage du G2 par rapport à l'ancienne version dont je n'ai pas parlé. Toutefois, même si c'est plus précis, je me sers plus des micro-réglages du boitier que du Tap in pour régler l'AF (cela va plus vite). Il faut dire que sur ce G2, je n'ai fait que très peu de décalage. Pour le micro-logiciel, à ma connaissance, pour l'instant, je n'ai pas eu de mise à jour dessus. Cela ne veut pas dire que ça n'existera pas... On remarque aussi que le Tap In Tamron vaut plus du double de la solution Sigma... Là encore, Tamron se place très bien en tarif sur l'objectif et met les accessoires à des prix très au dessus du marché. Après tout, cela permet d'obtenir le G2 à un très bon rapport qualité prix et les accessoires ne sont finalement pas obligatoires...